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Madrid - Chefchaouen




Chefchaouen, 22 Mai
Alhambra

    Samedi dernier, j'ai atteint Grenade, truffée de touristes attirés comme moi par l'Alhambra, cet incroyable palais en dentelle de pierre. Alhambra La ville est peuplée de freaks échoués là, qui coulent une paisible existence sous le soleil de l'Andalousie. J'y croise aussi des "neuf-trois" bruyants, horreur! Pas facile de nouer contact, gaspacho-solo pour Lolo. Il faut que je me mette à l'espagnol un de ces jours.

    Après deux jours d'effervescence branchouille, j'ai pris la direction de l'arrière-pays andalou, afin d'éviter les Malaga, Marbella,... où je présageais un désastre au moins équivalent à Antibes ou Juan-les-Pins. Une bonne idée, puisque la région de Ronda est superbe. Ça sent le colza, la coriandre... Il a pourtant bien fallu rejoindre la côte (pour prendre le bateau c'est mieux) qui, comme prévu, est éventrée d'autoroutes, de clubs pour bronzés et de HLMs de plage. Summum du cauchemar, Algesiras, glauque au possible, en attendant le bateau.

Douane
Chefchaouen     Ce matin, embarquement. Le caillou de Gibraltar s'éloigne et les côtes marocaines sont en vues. Premiers pas sur le continent africain. La frontière entre Ceuta (enclave espagnole) et le Maroc est assiégée par les candidats à l'exil vers le monde riche. Miradors, cages, émeutes, cris, pleurs... Pour moi c'est facile bien sûr. Je suis tellement abasourdi par la scène que je dégaine mon appareil photo, sans penser aux sérieux ennuis que ça aurait pu m'attirer.

    Ma découverte du Maroc débute par Tetouane, où je me fait ballader dans la médina (surtout dans ses boutiques de tapis) par mon nouveau meilleur ami... OK, il faut que j'apprenne à Chefchaouen Chefchaouen esquiver... Quelque peu dérouté par l'effervescence ambiante, je file vers Chefchaouen, plus paisible parait-il. Sur la route, ça sent le kif partout. À chaque barrage de police, j'entrevois une patrouille qui désosse patiemment un véhicule tandis que ses occupants s'expliquent à grand renfort de gestes frénétiques.
    Enfin, nichée entre les montagnes, Chefchaouen et sa médina, un dédale de ruelles trop étroites pour les voitures, peintes à la chaux d'un bleu profond. Les portes entrouvertes laissent apparaître des cours baignées de la même lumière bleue. Le muezzin appelle à la prière dans la chaleur de l'après-midi. Petite chambre au frais et repas délicieux, c'est calme, magique... Je crois que je vais faire une petite pause ici avant de reprendre la route.











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