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Paris - Madrid



Madrid, 17 Mai

    Après un départ laborieux, dans le froid parisien qui m'a obligé à m'arrêter à Le château de Pruniers la première station service de l'A6 pour acheter des gants de jardinage (!) à mettre par dessus les miens (optimiste, je suis parti équipé "désert"), puis à Orléans pour acheter une polaire et des sous-vêtements thermolactyles, j'ai passé ma première nuit de nomade près de Poitiers, dans le château de Pruniers.
    Le lendemain, serrant de près un nuage bien noir pris en stop à Limoges, j'ai atteint Toulouse complètement rincé. C'était le 4 Mai, mon compteur indiquait trente ans, que j'ai bien failli fêter chez BP à 20km de l'arrivée tellement il pleuvait.

    Toulouse est toujours rose mais le ciel est invariablement gris, temps pourri pendant près d'une semaine durant laquelle j'ai pu me consacrer entièrement à l'étude de ma trajectoire et des bars toulousains, aidé de mes fidèles guides touristiques locaux.

Autour de St Lary
    Dimanche dernier, j'ai enfin pu reprendre ma route vers les Pyrénées, plus précisément St Lary. J'ai beau savoir que tout ce coin est splendide, j'en ai malgré tout le souffle coupé à chaque fois. Cette route, qui va de St Lary à Ainsa en Espagne, traverse des endroits grandioses. Après Ainsa, on quitte les montagnes pour découvrir une vaste plaine partiellement inondée par la construction d'un barrage. L'eau y est turquoise, des cimes d'arbres et un clocher d'Église dépassent de la surface. Puis, au fil Nuit en Espagne de la route, le paysage devient rapidement aride, constellé d'orangers, de citronniers ou d'oliviers. Premier hors piste avec la bécane et première nuit à la belle étoile, dans un verger à l'Ouest de Barbastro.

    La descente vers Saragosse puis Madrid est très longue. Les terres toujours plus arides m'amènent à me demander comment le Sud de l'Espagne pourra être plus sec encore. Au détour d'un virage, à 50km de la capitale, le paysage se transforme brusquement en campagne à la française, champs verdoyants et forêts à perte de vue.


Bar Madrid
    S'ensuivent quelques jours à Madrid, que je quitte assez déçu. Bien sûr, Zizou a mis un but magistral du gauche, en reprise de volée, qui a permis au Real de remporter la coupe d'Europe. Grosse fiesta enflammée le soir. Mais la ville est bruyante, éventrée de toutes parts par des chantiers et barricadée de flics. Malgré mes efforts, je n'ai pas retrouvé les coins chaleureux rencontrés quelques années auparavant. Aux dires des madrilènes, les autorités seraient en train de mettre la ville aux "normes européennes" : plus d'alcool sur la voie publique, fermeture des bars vers 1h. Reste qu'entre 14h et 17h, ça ressemble toujours à l'Espagne : ville morte.

    Ce soir, il pleut et il fait froid, et j'en ai assez de Madrid. Demain, cap sur Grenade via les sierras désertiques.
Sur la route en Espagne









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